Commandant Coffinier

Extrait de "Journal de Marche" par Louis Chavanon

Un officier allemand appelle « Coffinier » ! Le commandant ne bronche pas.L’Allemand renouvelle son appel, plus violent, notre commandant ne bronche toujours pas, puis un instant après, on entend : « Commandant Coffinier », ce que répète l’officier allemand. Quelques chars défilent devant nous. Nous ne saurons jamais si c’est leur façon de rendre les honneurs et si ces hommes ont la notion de l’honneur.

 Extrait de "La France et son Empire dans la Guerre" par le Commandant Coffinier

Nuit du 10 au 11 janvier 1945.

A la nuit tombante, vers 19 heures, dans l'atmosphère tragique que composent flammes et fumées des incendies, la section Vilain, complétée par les éléments de la section Cailleau et par un groupement prélevé sur le PC, contre-attaque en direction du nord. L'artillerie, alertée par radio, appuie cette opération désespérée d'un tir qu'elle entretiendra toute la nuit.

. Hélas! Les marsouins n'ont plus de grenades, presque plus de cartouches de FM et de pistolets-mitrailleurs!

Les fantassins ennemis sont stoppés , mais leurs chars réagissent. Le crépitement des mitrailleuses se fait moins intense, les rafales plus courtes et moins fréquentes. Les Français n'ont plus la moindre grenade, et les chars sont partout. En voici un en plein coeur du village, et de dérisoires balles de fusil ricochent sur sa carapace.

Pourtant à 21 heures, les Français se battent encore, sans mitrailleuses, sans fusils-mitrailleurs. Chaque point d'appui isolé, chaque homme, seul, se débat dans la nuit.

A 23 heures, tout est fini: à l'exception de douze d'entre eux qui réussissent à échapper à l'ennemi, les sept centsoixante douze Français encerclés à Obenheim depuis le 8 janvier sont prisonniers, blessés ou morts.

Le 11 dans la matinée, la Wehrmacht rend les honneurs militaires à ceux d'entre eux enterrés dans le cimetière d'Obenheim.