Situation des Combats

Extraits, (pp. 38 – 40) de "La page n’est pas encore tournée ", H. Amouroux

Au sud de Strasbourg, les combats, qui se déroulèrent par un froid polaire, n’avaient pas été moins violents, la menace moins grande même si, pour les Allemands, l’offensive par le sud n’était que le complément de l’action principale déclenchée au nord.

Dans le cadre de l’opération Sonnenwende (Solstice), dirigée contre la division française libre du général Garbay, deux colonnes avaient progressé, le 7 janvier, entre le canal du Rhône au Rhin et le bras de l’Ill. Malgré la résistance du bataillon d’infanterie du Pacifique et du bataillon de marche n° 21, elles étaient arrivées à proximité de Krafft, à quinze kilomètres (au sud) de Strasbourg, et leurs blindés n’avaient été stoppés que par la destruction d’un pont sur le canal de décharge de l’Ill. Dans leur avance, elles avaient coupé de leurs arrières le bataillon de marche n° 24 du comman dant Coffinier installé à Boofzheim et à Obenheim, ainsi que les commandos Monti et Dubourg de la Brigade Alsace-Lorraine, qui tenaient Daubensand et Gerstheim.

Dans la journée du 8, les premières contre-attaques françaises, pour dégager le BM24, démarrent.

En ordonnant au BM 24 de résister « sans esprit de recul » à Obenheim, le commandement français le condamnait. Autour du village, d’ailleurs, les forces allemandes s’étaient épaissies. Sentant la victoire proche, elles lançaient, par obus et par avions, des tracts invitant les défenseurs à se rendre.

Ce n’est qu’après avoir perdu sous le feu 2 canons de 57, 16 mitrailleuses et 10 fusils-mitrailleurs ; ce n’est qu’après avoir été privé de son dernier poste radio, que le commandant Coffinier, dont les points d’appui isolés résistent de plus en plus difficilement aux assauts des fantassins de la 198e division d’infanterie, appuyés par 9 chars, se résoudra, dans la soirée du 10 janvier, à demander l’arrêt du combat.

Quelques hommes lutteront cependant jusqu’au matin du 11, mais les Allemands regrouperont finalement 569 prisonniers dont 80 blessés. Il y eut 20 tués.

Libérés par la chute d’Obenheim, de Rossfeld et d’Herbsheim, tous les combattants attendaient un nouvel assaut allemand. Il ne se produira pas, la presque totalité des forces blindées allemandes ayant été dirigées, le 16 janvier, au nord de Fribourg. Ainsi, même avant d’être barrée au nord, la route de Strasbourg était barrée au sud.